Les chansons mp3 vivent leur vie toutes seules ? Parfait !

25 décembre 2008

En ce qui me concerne, chaque chanson est un voyage à part entière, qui raconte une histoire, parle d’un sujet. Que les auditeurs les achètent à l’unité, hors de tout contexte ne me pose aucun problème, vraiment. S’ils ont envie d’écouter une seule chanson, qu’ils le fassent : cette chanson a sa vie, peu importe que celui qui l’écoute ne connaisse pas les autres que j’ai écrites. Bien sûr, pour moi, qui vient de la peinture et de l’écriture, chaque chanson est imaginée, depuis le départ également en terme d’écrit et d’illustration et je ne me retrouve moi-même complètement que dans le disque qui réunit toutes ses dimensions. Mais si d’autres sont contents juste avec la musique, c’est bien aussi.

Sophie Forte, auteure-compositeure-interprète 

Je veux croire que les parents sont responsables

20 décembre 2008

Côté piratage, l’idéal ce serait que ce ne soit pas possible. Mais si c’est plus simple de pirater que d’acheter et qu’on doit compter sur l’honnêteté des gens, alors je comprends qu’on se fasse du souci. Personnellement, je devrais sans doute mais je n’y pense jamais, peut-être parce que j’imagine un peu égoïstement que pour la musique Jeune Public, la situation est un peu différente. Ceux qui achètent nos chansons sont surtout des parents. Comment savoir… mais je veux croire qu’ils n’iront pas voler le cadeau qu’ils offriront à leurs enfants. 

Sophie Forte, auteure-compositeure-interprète 

Je suis une handicapée optimiste de l’ère Internet

15 décembre 2008

Découvrir plein de musique sur Internet, s’ouvrir, je trouve ça formidable, et j’aimerais bien qu’on puisse aussi découvrir mes chansons sur le Web. Mais, pour être honnête, je suis une handicapée informatique. Pour moi l’ordinateur, c’est épouvantable. Même pour envoyer un mail, je suis capable de provoquer une catastrophe, ce qui m’insupporte mais je vais m’y mettre. Ceci étant, cela ne m’empêche pas d’être pour ce média s’il permet aux gens, surtout ceux qui sont un peu isolés d’acquérir une culture musicale plus facilement. De là à ce que je prenne en compte les nouveaux rapports à la musique dans mon travail, ce que je devrais sûrement faire… il y a un gouffre. 

Sophie Forte, auteure-compositeure-interprète 

Les enfants voudront toujours des disques

10 décembre 2008

Le disque pour enfant, je peux me tromper mais je crois que c’est différent du disque pour les adultes. Les enfants aiment particulièrement regarder les images, toucher, pouvoir lire et avoir sous les yeux les paroles des chansons. Certains albums proposent aussi les partitions pour que les enfants qui jouent un instrument, ou leurs parents puissent s’accompagner … il y a là tout ce qui fait le charme d’un album, ce pourquoi je suis convaincue que les enfants seront toujours attachés à avoir des objets-disques.  J’y crois. 

Sophie Forte, auteure-compositeure-interprète 

Laisser écouter avant d’acheter, c’est honnête

4 décembre 2008

Ce qui m’intéresserait avec la vente en ligne de musique, c’est que l’on puisse écouter tous les morceaux, et puis choisir celui que l’on veut acheter. J’ignore si c’est possible techniquement mais ça me semblerait honnête. Un disque, c’est cher, c’est bien qu’on puisse savoir ce qu’on achète. On vient de m’offrir un I-Pod et personnellement j’ai bien envie d’aller sur Internet découvrir de nouveaux musiciens, et puis d’acheter ce qui me plaira bien sûr !  C’est un peu ce que je faisais ado, quand j’allais écouter des disques chez mes copains – et que j’en copiais comme tout le monde sur des cassettes – puis, dès que j’avais un peu d’argent, allais acheter ce qui me touchait le plus. Si les gamins peuvent écouter plein de chansons et choisir ce qu’ils ont vraiment envie d’avoir à la maison, c’est super!

Sophie Forte, auteure-compositeure-interprète

Il faut être positif !

1 décembre 2008

Avec Internet et les pratiques liées au mp3, le monde change, alors bien sûr c’est effrayant. Comme artiste on peut avoir peur d’être lésé ; craindre que, confronté à des chansons que l’on peut acheter ou copier tout de suite comme ça, l’objet disque suscite moins de désir ; que l’on se retrouve à la rue.  Mais je crois qu’il faut être positif. Le fait que plus de gens puissent découvrir notre musique, dans l’idée, c’est chouette. Dans la mesure où cela permet de toucher de plus en plus de gens, c’est  formidable : c’est le but, plus il y aura de gens qui connaîtront et fredonneront mes chansons, plus je serais contente. Après il faut trouver un système juste pour qu’on puisse continuer à vivre évidemment. Mais là, je n’y connais rien !

Sophie Forte, auteure-compositeure-interprète 

Si une chanson ne vaut plus le prix d’un bonbon…

27 novembre 2008

On ne peut pas parler du mp3 sans faire l’économie de la question du téléchargement illégal, qui est purement et simplement du vol en ligne, et dont le danger est réel, comme tout le monde le sait. Cette pratique est à la fois un souci commercial – elle menace l’existence de notre métier – et éthique – puisque le fait de refuser de payer pour de la musique, c’est nous signifier que ce que l’on fait n’a pas de valeur.L’argent, me semble-t-il, donne de la valeur aux choses. C’est vrai pour tout travail, c’est vrai pour un disque, c’est vrai pour un spectacle. On sait bien que si l’on fait un spectacle gratuit, par exemple en plein air, les spectateurs viennent faire les curieux et repartent au bout de cinq minutes. Ce qui n’est pas bon pour l’image de l’artiste… 

Henri Dès, auteur-compositeur-interprète  

Le mp3 ne sera jamais un aussi beau cadeau qu’un joli disque !

24 novembre 2008

Le public que je touche, en terme de vente, ce sont essentiellement des adultes. Des parents, des oncles et tantes, des grands-parents, des amis de la famille qui veulent quelque chose de joli à offrir, avec une belle pochette et des images qui leurs plaisent. Je vois mal tonton arriver à l’anniversaire de sa nièce avec quelques mp3 gravés à la maison sur un CD ! En ce sens, je ne pense pas que les achats en ligne, tout au moins pour ce public, vont prendre la place des disques. La démarche est différente, complémentaire et donc à encourager aussi.  Par exemple, pour tous les gens qui m’écrivent par mail du monde entier de pays non francophones, et qui ne trouvent pas mes disques chez eux, il est certain que pouvoir acheter sur Internet est très commode.

Henri Dès, auteur-compositeur-interprète  

La faute au mp3 ?

20 novembre 2008

La vente des disques, c’est vrai, a considérablement baissé. A titre personnel, je peux dire qu’elle a même chuté de presque 50% depuis l’arrivée du mp3 et des pratiques illégales. Mais attention,  il faut peut-être aussi chercher ailleurs la raison pour laquelle les gens achètent moins de disques. Certains piratent bien sûr, mais d’autres ont sans doute aussi envie d’autre chose que d’un disque. C’est une question… 

Henri Dès, auteur-compositeur-interprète  

Inconsciemment, la notion d’album tend à s’effacer

17 novembre 2008

A priori j’aurais tendance à dire que, non bien sûr le mp3 et les nouveaux modes d’écoute et de consommation musicales n’ont en rien changé mon mode de création et que je ne pense pas commerce ou balladeurs mp3 quand je compose.  Mais de façon inconsciente ???  Quoique je sois très « myspace » et  me documente beaucoup sur Internet, je suis resté au mode de l’écoute classique, sur chaîne hifi à la maison, à l’ancienne. Et je compose dans ce sens. En revanche, si je pense toujours et encore en terme d’album, par habitude, culture, cette notion est en train de s’effacer progressivement peut-être à cause de mes écoutes fragmentées sur le Web, qui sait…  En y réfléchissant je constate que je me mets à concevoir si ce n’est chanson par chanson, de plus en plus par petits groupes de quelques chansons, et non plus par disque entier, ce qui est plus approprié au mode d’écoute / d’achat à l’unité sur Internet, balladeur ou téléphone portable.  Je réalise aujourd’hui ce mouvement, qui a pris place sans que je ne m’en rendre vraiment compte. C’est là et sûrement pas par hasard.

Antoine Sahler, pianiste de Sophie Forte