Club tralalere / Accueil du blog / Inconsciemment, la notion d’album tend à s’effacer

Archive pour la catégorie ‘Antoine Sahlers’

Inconsciemment, la notion d’album tend à s’effacer

Lundi 17 novembre 2008

A priori j’aurais tendance à dire que, non bien sûr le mp3 et les nouveaux modes d’écoute et de consommation musicales n’ont en rien changé mon mode de création et que je ne pense pas commerce ou balladeurs mp3 quand je compose.  Mais de façon inconsciente ???  Quoique je sois très « myspace » et  me documente beaucoup sur Internet, je suis resté au mode de l’écoute classique, sur chaîne hifi à la maison, à l’ancienne. Et je compose dans ce sens. En revanche, si je pense toujours et encore en terme d’album, par habitude, culture, cette notion est en train de s’effacer progressivement peut-être à cause de mes écoutes fragmentées sur le Web, qui sait…  En y réfléchissant je constate que je me mets à concevoir si ce n’est chanson par chanson, de plus en plus par petits groupes de quelques chansons, et non plus par disque entier, ce qui est plus approprié au mode d’écoute / d’achat à l’unité sur Internet, balladeur ou téléphone portable.  Je réalise aujourd’hui ce mouvement, qui a pris place sans que je ne m’en rendre vraiment compte. C’est là et sûrement pas par hasard.

Antoine Sahler, pianiste de Sophie Forte

Une musique virtuelle existe-t-elle vraiment ?

Lundi 10 novembre 2008

Rien à faire, malgré ma pratique d’internaute, j’ai du mal à concevoir qu’une chanson puisse exister si elle n’est pas inscrite dans un support physique, comme le disque (ou la partition).  Quand la musique est dématérialisée, il me semble qu’il lui manque une légitimité. J’ai un sentiment très fort par rapport à cela. Le fait qu’une musique soit gratuite ne me pose pas le même problème. L’objet sacralise plus que le prix même si le gratuit tend à faire tomber la musique dans la futilité, la consommation dans le sens péjoratif du terme. Que reste-t-il d’une musique qui n’a pas de matérialité ?  J’ai envie de donner aux toutes jeunes générations des objets qui resteront.  Il y a dans le virtuel comme une atteinte à la postérité…  mais ce sentiment est sans doute plus lié à la nouveauté du phénomène, ou à ma pathologie personnelle, qu’à sa véritable nature !

Antoine Sahler, pianiste de Sophie Forte

Du téléchargement au streaming, Internet comme une immense médiathèque

Lundi 3 novembre 2008

Si je me place côté utilisateur, côté pécheur de musique, l’écoute sur Internet au format mp3– en mode streaming dans mon cas personnel – m’apparait tout à fait intéressante. Internet est une nouvelle médiathèque géante. Grand consommateur de nouveautés musicales gratuites dans ce cadre, je dois dire que la plupart du temps je n’achète pas ce que j’écoute en ligne, tout comme je ne gardais pas ce que je téléchargeais juste pour voir au tout début du phénomène du peer to peer, tout comme je n’achetais pas les disques que j’empruntais en médiathèque, sauf dans de rares cas. C’est pour cela que, en ce qui concerne le mp3, l’écoute en streaming m’intéresse d’avantage que téléchargement. Peut-être est-ce parce que je suis un curieux qui n’a pas le sens de la possession et qui pratique le silence comme musique d’ambiance favorite ? Dans tous les cas, je trouve que le mp3 apporte quelque chose pour la consultation, la recherche, la culture musicale à distance.

Antoine Sahler, pianiste de Sophie Forte 

Le support disque est essentiel comme mode de transmission culturel

Lundi 20 octobre 2008

J’ai de jeunes enfants, qui ont désormais leur petit lecteur CD dans leur chambre. Moi qui ai très peu de disques, je leur en achète beaucoup : du classique, de la chanson française, ce que j’aimais quand j’étais petit je dois dire. C’est une question d’éducation, de transmission : il me semble important que les enfants aient dans les mains un objet qui reste, qu’il y ait une trace physique de la culture musicale transmise par les parents, un souvenir concret. Mes enfants, je ne sais pas, mais moi j’ai fondamentalement besoin de l’objet disque entre eux et moi dans cet acte de transmission.

Antoine Sahler, pianiste de Sophie Forte 

Génial outil pour le compositeur que le mp3

Jeudi 2 octobre 2008

Difficile pour un compositeur de dénigrer le mp3 en tant que format puisqu’il lui permet 1000 choses impossibles auparavant. Je crée mes maquettes sur ordinateur et les envoie à mes collaborateurs par mail : c’est un outil très pratique, très souple, assez génial. Récemment, j’ai pu réaliser grâce à ce système une émission sur France Musique avec deux musiciens italiens que je n’avais que croisés dans une soirée. Tout a été préparé à distance, par maquette mp3. Alors, oui, en tant que musicien, je suis un adepte du mp3. Qu’il représente un souci commercial est une autre affaire… qui ne me taraude pas trop.

Antoine Sahler, pianiste de Sophie Forte